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VIDOCQ du Jardin d'Angélique en stage
troupeau
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| Lundi 13 juillet 2009, ma maîtresse, ma
sur Ambre et moi nous levons de bonne heure. La pluie est tombée
toute la nuit sur notre toile de tente et c'est les pattes dans lherbe
humide et sous les gouttes d'eau que je vais faire mon petit tour
du matin. Ma maîtresse regarde le ciel et espère que
la pluie va cesser... |
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Notre rendez-vous est fixé à l'entrée du camping
où nous avons passé la nuit, à 7h30, nous y
sommes. Nous montons en voiture, mais où allons nous ? Je
sens ma maîtresse impatiente. Nous n'allons pas en exposition
de beauté car la mallette de toilettage ne nous accompagne
pas... La route n'est pas bien longue. Nous descendons de voiture
et nous retrouvons dans un chemin où on a oublié de
tondre l'herbe, qui vient me chatouiller le ventre. Ma maîtresse
nous y détache un peu ma surette et moi, cool ! Mais
elle nous rappelle assez rapidement et nous rattache pour nous emmener
dans un champ où lherbe est bien rase. Ca n'est pas
plus mal car ainsi nous n'aurons pas le ventre mouillé toute
la journée... Non pas que cela me dérange, moi qui
suis toujours le premier à mettre les 4 pattes dans les flaques,
mais ma sur par contre, c'est une autre histoire !
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Nous avançons sur près de 100 mètres et là,
que vois-je ? Elles sont là, elles mattendent : des
brebis fraichement rassemblées en 4 lots par le chien du
berger qui va nous encadrer toute la journée ! Alors c'était
ça la surprise, une "journée moutons" !
Ca va être léclate !
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| Plusieurs équipes maîtres et chiens
sont au rendez-vous pour ce stage : dans la majorité des Shetland,
comme moi, mais aussi 2 Border Collie et une Kelpie. Le berger nous
explique, enfin explique à nos maîtres, comment va se
dérouler notre stage. Nous allons passer dans l'ordre de notre
choix. Moi je voudrais bien y aller le premier mais on décide
que je passerai en deuxième. |
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| Pour que je ne m'énerve pas trop pendant
que le premier Shetland s'amuse, euh je veux dire "travaille"
avec le premier lot de demoiselles à laine, ma maîtresse
m'emmène me détendre et me défouler dans un champ
à côté. Une grande haie m'empêche de voir
les brebis de là-bas et le sens du vent m'empêche de
les flairer. Je n'ai pas trop envie de courir, ma sur n'a pas
trop dentrain non plus. Il ne pleut plus mais le temps est orageux,
l'atmosphère pesante... Ma maîtresse veut voir le premier
participant pour qui c'est la toute première rencontre avec
des brebis. Il se débrouille bien le jeune homme. |
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| Ce sera bientôt à mon tour. Je
sens l'excitation monter en moi, du bout de mes pattes en passant
par ma tête, elle me transit tout le corps. Ca y est, c'est
à moi ! Le berger lâche mon lot de brebis, je me sens
encore plus énervé. Je me mets à courir derrière
les laineuses. Oups, jai oublié que j'étais en
laisse ! Le berger demande à ma maitresse de me détacher,
elle s'exécute. Là, je peux me donner à fond.
Zut, une des brebis se sauve ! Il parait que c'est parce que j'y suis
allé un peu fort mais ce nest pas grave, je vais la chercher
et la rabat sur le troupeau. Je ne me ferai pas avoir deux fois !
Il paraît que jai "la balance naturelle"...
Ah oui, cela me reviens : gauche-droite, gauche-droite ! Je mets donc
en pratique et là, plus une brebis ne se fait la malle. |
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| Alors que je me calme un peu, le berger dit
à ma maîtresse de me mettre à larrêt.
Elle sexécute mais j'ai du mal à l'entendre, l'odeur
de la laine est tellement forte qu'elle m'enivre ! Mais, tout de même,
sa voix fini par atteindre mes oreilles. Jhésite : et
si mes moutons se sauvent pendant que je me couche ? Ma maîtresse
traverse alors le lot pour s'approcher de moi. Là, j'obéis
finalement et, surprise, les brebis ne bougent plus ! Le berger indique
à ma maitresse que je peux repartir. Hop, jencercle à
nouveau le troupeau, je "balance"... Oh, encore une qui
part ! Je cours derrière, elle dérape, moi sur les talons,
virage contrôlé, je la rabats et elle rejoint ses surs.
Ensuite je dois encore me mettre au "stop" et ça,
je naime pas, ce n'est pas drôle, mais j'obéis
quand même. |
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| Le berger dit que c'est très bien et
qu'on va en rester là pour mon premier passage. Ma maîtresse
me récupère, très fière de moi, d'autant
plus que je n'avais pas revu de mouton depuis deux ans. Le berger
a été bluffé par mon travail et d'autant plus
quand il a su mon âge (5 ans et demi) et que je ne pratique
aucune discipline mettant aux ordres. |
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| Pour mon deuxième passage, je suis plus
calme, bien que l'atmosphère soit toujours aussi pesante, assommante
même, et pourtant nous sommes toujours au matin. Moins fougueux
qu'à mon premier essai, je m'applique d'avantage. Cette fois-ci,
je dois sortir les brebis de leur enclos. Bien que je sois en laisse,
je réussis à la perfection. Je pousse le lot, toujours
en laisse, puis le berger dit à ma maîtresse qu'elle
peut me détacher. Alors là, j'y vais à fond,
je pousse, je pousse ! Ma maîtresse me dit pourtant "doucement",
mais j'ai du mal à canaliser mon instinct de berger et à
me contrôler. Je pousse un peu trop fort, du coup mes laineuses
se sauvent. Je cours pour les rattraper mais sans succès cette
fois. Je n'ai pas envie de m'épuiser, alors jabandonne
et je reviens vers ma maîtresse. Ca n'est pas bien grave, le
berger de Beauce de notre moniteur part chercher les brebis pour moi. |
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| Quand les brebis sont à nouveau à
ma portée, j'y retourne. On me fait me coucher plusieurs fois.
Ma maîtresse bouge de façon à ce que les laineuses
aillent du côté qu'elle souhaite. Moi, je suis là
pour éviter que l'une d'elle sorte du lot. Je les pousse parfois
un peu fort, alors je dois me coucher à nouveau, c'est la seule
solution pour que les brebis se calment. Il parait que j'ai une grande
force de poussée malgré ma taille (37 cm). |
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| Petit à petit, nous ramenons le lot vers
l'enclos. Ma maîtresse me met en position "couché,
pas bouger". Pas bouger, pas bouger, elle est drôle, elle
! Bon d'accord, je m'exécute. Pendant ce temps, ma maîtresse
va ouvrir l'enclos... Pour quoi faire ? Je sais aussi faire passer
les boules de laine par-dessus les clôtures, moi ! Je ne dois
toujours pas bouger et je me demande bien comment les brebis vont
rentrer dans leur enclos si je ne les pousse pas... Là, surprise
: elles y vont toutes seules ! Je suis juste là pour m'assurer
quelles ne font pas demi-tour. Cest ça aussi mon
boulot
Lenclos est refermé. Ma prestation est finie
mais je dois maintenir le "pas bouger" tant que ma maîtresse
ne m'a pas appelé. Lorsqu'elle me dit "Vidocq, au pied",
je cours vers elle. Elle me félicite chaudement, il paraît
que jai encore mieux travaillé quà mon premier
passage ! |
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| La matinée se termine, il est l'heure
du ravitaillement pour nos conducteurs. Les humains ont trouvé
le repas excellent. Moi, je n'en sais rien, je n'y ai pas goûté,
j'ai dormi sous la table. |
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| 14h00, nous voilà de retour auprès
des brebis. Je suis HS mais il faut y retourner. Ma maîtresse,
qui a vu que j'étais assez fatigué, a une idée
pour que je passe mon tour, mais qu'elle n'ait pas à passer
le sien : c'est Ambre, ma sur, qui va s'y coller à ma
place. Je regarde ma maîtresse d'un air incrédule : Ambre
? Tu es sûre ? Elle a raté les deux tests que tu lui
as déjà fait passer ! Oh, tu veux voir si elle se déclare
"en libre*"? Bon, qui sait après tout, l'espoir fait
vivre... (*En libre, veut dire sans le cercle, le chien est en liberté
au milieu d'un champ avec les moutons.) |
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| Lorsque ma sur, en laisse, sort les brebis
de leur parc, elle n'a pas l'air du tout impressionnée et est
super calme, waouh ! J'avais peut-être tort au final ? Il paraît
même que ce serait cool si jétais calme comme elle...
Ma maitresse la détache, Ambre est maintenant libre de ses
mouvements mais là, plus rien ! Elle attend "sa ptite
maman chérie", des fois quelle la perdrait
Le berger veut y croire quand même. Il a bien de l'espoir, moi
je pense que ça ne sert à rien, elle ne sait pas y faire
! Ambre pousse les brebis avec douceur et habileté mais seulement
parce que notre maîtresse l'a mise au pied et qu'elle les pousse
avec elle. Ensemble, elles ramènent le troupeau à son
enclos. Ambre doit rester en "couché, pas bouger"
pendant que notre maîtresse ouvre le parc aux laineuses et le
referme. Elle ne bouge pas dun millimètre ! Ma maîtresse
la rappelle et la félicite, de quoi, on se demande, elle n'a
rien fait du tout par elle même ! |
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| Enfin, mon troisième passage arrive.
J'ai retrouvé toute ma vitalité, enfin presque. Je sors
les laineuses de leur enclos avec douceur cette fois, je suis en laisse.
Ma maîtresse me détache. Je pousse les brebis, doucement,
enfin un peu plus doucement que les fois précédentes.
Je les rabats vers ma maîtresse, je stoppe un peu plus facilement.
Nous faisons une jolie prestation à nous deux, le berger ne
nous aide presque plus ! Nous ramenons le troupeau vers son parc.
J'exécute le "coucher, pas bouger" mais je me relève
et javance avant que ma maîtresse ne m'appelle... Zut,
du coup il faut que je recommence le "couché" ! Elle
me rappelle dans la foulée, quand jai marqué son
ordre. |
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| Le bilan de ce stage est positif : j'ai muri
dans ma tête, je travaille plus posément quil y
a deux ans. J'en veux toujours, je crois que l'instinct de berger
est bien ancré dans mes pattes et dans ma tête ! Ma maîtresse
et moi pensons retourner faire du travail sur troupeau. Nous ne savons
pas encore quand mais cette fois-ci, nous ferons un stage de trois
jours. Jai hâte
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Article de Marie-Jeanne LACROIX
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